Les anniversaires… et autres dates symboliques

Aujourd’hui est une journée particulière, c’est l’anniversaire de David. 

Cette année, il aurait fêté ses 45 ans, et comme tous les ans, je n’aurais jamais réussi à mettre cet âge sur David… 

Pour ceux qui l’ont connu, vous ne pourrez être que d’accord je pense…

Les dates symboliques

Pour beaucoup de personnes, les dates symboliques, les anniversaires sont pour nous les journées les plus difficiles à gérer.

Mais il n’en est rien.

Évidemment, il est difficile de passer un nouvel anniversaire seule, de ne pas pouvoir fêter son anniversaire à lui, de faire un Noël sans avoir la magie de sa présence…

Mais si seulement c’était les journées les plus compliquées. Si seulement, c’était les seules.

Pour ma part, une journée comme celle-ci, j’y pense beaucoup la veille, et j’essaie de m’occuper le plus le jour même (en travaillant notamment) ou de m’évader en lecture (cette année,  le challenge de la semaine à 1000 pages du Pingouin vert, c’est cette semaine, çà aide).

Mais plus sérieusement, cette idée préconçue que ce sont ces journées là les plus difficiles est, il me semble erronée. Nous même, nous pensons que c’est le cas, parce que nous l’appréhendons tellement cette journée, cette nouvelle date “importante” qu’on va devoir vivre sans l’autre. Et puis, étonnamment, parfois elle est plus facile à vivre qu’une autre.

J’ai pas mal de journées où je me sens bien, où tout va bien. Et d’un coup d’un seul, sans aucune raison, je pleure. Pas juste les larmes aux yeux, pas juste une larme qui coule de mon oeil, non des pleurs, des vrais!!!

Et ce sont ces journées là les pires, car elles ne préviennent pas. Parce qu’on se prend tout dans la figure d’un coup, sans l’avoir vu venir… Et que la douleur et la peine nous touchent en plein coeur, d’un coup, sans prévenir. Elles pointent le bout de leur nez cruelles et perfides et il faut apprendre à les rejeter… J’en suis encore à ce stade peu avancé d’apprendre à ne pas me laisser gagner par elles…

Et vous, comment gérez vous ces journées là?

L'entourage et les dates symboliques

Aussi surprenant que cela puisse être, généralement à ces dates là, ce ne sont pas les proches que je côtoie le plus qui me sollicitent le plus. 

En général, mes très proches me laissent plutôt “tranquilles” pour que je gère ces journées comme je le ressens moi, non sans me faire comprendre quelques jours plus tôt qu’ils savent bien ce qui arrive les jours suivants, qu’ils n’oublient pas eux non plus et qu’ils sont là, si j’en éprouve le besoin. Ou alors, ils me contacteront mais comme une journée lambda, pour m’aider à la passer cette journée sans trop m’apesantir dans l’absence de David.

Par contre, a contrario, j’ai aussi constaté qu’il y a ceux, absents d’habitude, qui font une apparition fugace, le temps d’un message bien pesant. Message qui suivra le dernier message reçu quelques semaines/mois plus tôt à l’occasion d’une autre date symbolique, où comme une tradition, on me rappellera que David n’est plus là, que çà doit être dur, que…, que…, que…

Au risque de paraître (très… (très très très…) très…) dure, voyez l’usage rare de la double parenthèse pour appuyer mon propos, j’appelle ces messages les messages “BA” ou “bonne conscience”. Où peu importe comment moi je me sens, comment moi je reçois ce message, la personne elle fait ce qu’elle a à faire selon elle, pour se sentir bien elle… 

Et moi, ces messages, au lieu de m’aider à traverser ces journées, ils m’enfoncent dans un désespoir dont je n’arrive pas à sortir. 

Imaginez tout simplement que je chute au bord d’une fontaine… Je me retrouve mal prise avec la tête dans l’eau… Ce message que je reçois, c’est comme une main qui appuierait sur ma tête, comme pour me dire “tu te souviens bien, quand même que tu es seule, que David n’est plus là, que c’est dur, que c’est horrible ce que tu dois vivre…”

Cela n’aide pas à remonter à la surface.

Alors que ce qui peut aider, c’est tellement simple en fait… Ce qui aide, c’est une petite attention dans l’année, à n’importe quel moment parce qu’il y a une pensée pour David et/ou pour moi… Parce qu’une amie va tomber sur un personnage que David aimait et me dira qu’elle a pensé à lui… Une autre me dira au détour d’une discussion qu’elle se serait sûrement très bien entendue avec lui… Une autre encore me dira avoir retrouvé un petit cadeau qu’il avait fait à ses enfants… 

Et ces messages là, dans l’année, nous font bien plus de bien qu’un message suffoquant le jour perçu comme l’une de nos plus dures journées…

Conseils à l'entourage

Parce que je suis lucide sur comment nous pouvons être… Parce qu’il n’est pas toujours facile pour nous de jongler avec nos émotions, de comprendre nous-même ce qu’il nous arrive… et de ce fait de pouvoir exprimer ce qu’on ressent…

David est décédé il y a maintenant plus de deux ans et j’ai encore et toujours des journées où je me laisse gagner par la tristesse, où je ne gère rien, sans explication…

Si vous êtes un proche dit régulier, agissez comme vous le feriez normalement. Vous savez ce qu’il y a à faire pour nous aider.

Si vous êtes un proche qui ne sait pas comment nous aborder ces jours là, un petit message tout simple pour dire que vous pensez juste à nous. Mais ne mettez pas votre main sur notre tête pendant que nous sommes à la fontaine. Au contraire, tendez nous la main pour qu’on retrouve notre équilibre et un peu de notre souffle.

Si vous êtes une personne peu voire pas du tout présente, privilégiez sincèrement les autres jours pour nous contacter. Il est vraiment douloureux de n’exister désormais pour vous (surtout si nous étions plus proches avant le décès…) que par notre statut de veuf et de ne percevoir (peut être à tort) dans votre démarche qu’une obligation que vous vous créez.

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