Second anniversaire…

Il y a un an, je vous parlais déjà de cette journée, de cette date et de ce qu’elle représentait pour moi. En un an, cette partie du blog n’a pas bougé, par manque de temps, principalement. Et peut être aussi parce que je n’ai pas beaucoup changé en fait.

J’ai pris le temps de relire ce que je vous racontais l’année dernière. Et j’ai été frappée, un an plus tard par la force de ce que j’ai écrit. Frappée parce qu’aujourd’hui encore, cela est encore tellement vrai. Cela correspond tellement encore à ce que je ressens.

En un an, on pourrait penser que beaucoup de choses ont changé… je ne sais pas ce qu’il en est vraiment.

David

L'activité professionnelle

Le petit monde de Kaïris

J’ai lancé Le petit monde de Kaïris (version entreprise et non plus “juste” blog) avec l’idée au début de m’occuper, d’avoir un projet professionnel à mener, le temps de me retourner et je ne regrette rien. L’activité se développe bien et est devenue mon activité principale.  J’ai créé un réseau très agréable, qu’il s’agisse de créateurs et artisans comme moi, ou de clients que je n’arrive même pas à appeler clients… Et je réalise que ce projet, j’y tiens énormément.

Je fourmille d’idées, vraiment, mais j’ai encore beaucoup de mal à tout mettre en place, je tâtonne encore en terme d’organisation. Je commence même à me faire une idée du nombre de projets que je peux mener en même temps.

Pendant le confinement, je m’étais dit que j’aurais le temps de peaufiner des choses, de préparer ma boutique en ligne mais vous avez répondu présents et cela m’a touchée et m’a rassurée quant à mon activité. J’ai des logos, des faireparts, des contenus web en cours, que j’ai hâte de pouvoir vous montrer. Mais encore un peu de patience.

Pour la boutique en ligne, j’y travaille en parallèle, d’ici une petite quinzaine de jours, je devrais pouvoir vous la présenter. J’espère qu’elle vous plaira et que vous y trouverez votre bonheur.

Et d’ici une bonne année je pense, un énorme projet qui me tient à coeur, et que j’espère pouvoir partager avec vous dans les prochaines semaines, les prochains mois..

Cher David

Je n’ai hélas pas pris le temps d’avancer ce projet, mais il est toujours dans ma tête. Je sais quels articles rédiger mais je veux prendre mon temps, car c’est un sujet sensible que le sujet du veuvage précoce et il faut à la fois peser mes mots mais aussi rester fidèle à moi même. Je pensais aussi que ce projet serait important dans mon deuil, c’est le cas, mais pas encore de la façon dont je le pensais.

Enfin, Cher David, c’est toujours un projet de plus grande ampleur qui devrait voir le jour mais il me faut encore du temps, beaucoup de temps.

Le côté "perso"

Il est toujours plus facile d’aborder la partie professionnelle de son activité…

Mais voilà où j’en suis…

Les envies de voyages...

Je suis partie en Irlande . Deux fois.

Une fois seule un peu en mode improvisé et cela a été magique. J’ai passé un moment incroyable dans un pays magnifique.

J’avais peur du premier voyage seule. C’était une fois de plus, marquer une vie sans David. Accepter que ma vie continue et qu’elle soit encore marquée par de jolis moments, de jolies aventures. Et une fois encore, David n’est jamais loin en fait. Il m’accompagne dans tout ce que je fais. L’Irlande devait être notre mini voyage de noces, il aura été mon premier voyage en solitaire. J’ai trouvé que c’était un joli clin d’oeil.

Le mois d’après, pendant que ma soeur partait à NY, pour ses 40 ans (désolée Sophie de dire publiquement ton âge), elle m’a confié la responsabilité de 4 de ses 5 enfants (le plus grand n’ayant pas beaucoup besoin de moi) et j’ai voulu profiter de ce moment privilégié pour partager avec eux mon amour de l’Irlande. C’était magique. Si vous en avez l’occasion, Halloween en Irlande avec des enfants, c’est incroyable. Beaucoup m’ont dit être « folle », « courageuse » parce que je partais seule avec 4 enfants, mais je peux vous assurer qu’avec de tels enfants, je pourrais aller au bout du monde. Et même si ce n’est pas toujours facile pour eux de voir tata sans tonton, çà nous a aussi fait beaucoup de bien.

Je crois que c’était important pour moi de leur montrer que tata allait bien, qu’on pouvait encore vivre de jolies choses.

J’ai beaucoup de pays en tête à visiter avant d’y retourner mais une part de moi sent qu’elle y retournera plus tôt que prévu.

La famille et les amis

Ma famille est une famille en or. Je le dis souvent mais c’est vrai. Je mets dans le terme ma famille de coeur. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous nous aimons et nous nous respectons énormément et je pense que c’est la clef de notre « succès ».

Il y a souvent une pensée pour David. Parce qu’en fait, tout me fait penser à lui mais je réalise que tout NOUS fait penser à lui…

Je pense surtout à nos neveux. Certains enfants en parlent plus ouvertement, pour d’autres, c’est plus réservé. En écrivant ces mots, je pense à eux. 

A Noé, mon grand, pudique qui a le don de sentir quand je suis fébrile et qui a ce simple geste, malgré ses 17 ans d’enlacer sa tante et de la serrer fort contre lui le temps que çà passe. 

A Lili May, ma Lili d’amour qui a beaucoup de mal à accepter le décès de David, pour qui c’est vraiment très dur et avec qui on parle souvent de David car elle en a besoin, et à qui je raconte des anecdotes drôles sur David pour lui rappeler qu’on peut penser à nos absents avec le sourire (et pour qui je le sais, cet article sera important).

A Jossua , mon Jojo, très réservé , qui aborde rarement le sujet mais qui parfois est comme happé par une vague de tristesse, alors on apprend à la surfer tous les deux cette vague

A Elijah, mon Jaja Bing Troglodyte (ne cherchez pas à savoir pour ce surnom…), toujours aussi fan de son oncle et qui en parle avec une admiration, un amour infaillible

A Céleste, enfin, ma Zouzouille (gare à moi si j’appelle quelqu’un d’autre comme elle) qui parle de David avec l’innocence de ses 5 ans, qui se moque des bêtises qu’il pouvait faire, qui rêve encore et toujours de la bataille d’eau dans notre piscine du Luxembourg (gonflable la piscine, je précise, au vu des spéculations autour de nous et le Luxembourg) et qui a cette compréhension si simple et si juste de la situation « Tu es triste parce que tonton, il n’est plus l…»

Il y a Sophie, toujours pudique quand il s’agit de parler de nos absents, qui a souvent, je le sais, une pensée pour lui. Qui va m’offrir, par exemple, dans Animal Crossing un kit de magie pour que j’aie dans ma maison fictive un objet lié à David. Ce sont des petites choses comme çà qui font que je sais qu’on ne l’oublie pas.

Il y a les amiEs, des amiEs incroyables, elles se reconnaîtront encore. Qui ont connu David ou non et qui sont juste les plus belles personnes que j’aie pu rencontrer. Elles ne le savent pas mais j’ai commencé à en côtoyer certaines quelques mois/semaines avant le décès de David et il m’entendait rire quand je lisais leurs messages (on a une discussion Messenger collective – là c’est sûr, certaines se seront reconnues ) et David disait toujours qu’il était content parce que nous avons eu du mal à rencontrer du monde au Luxembourg donc c’était réconfortant pour lui que j’aie trouvé ce groupe de copines à l’époque devenues depuis de vraies amies. Car oui, elles font encore et toujours partie de ma vie. Elles sont individuellement belles et collectivement magnifiques. Il n’y a pas un jour sans qu’on ne se parle de tout, de livres au début, et d’alien dernièrement (private joke), c’est vous dire.

Il y a par contre des amis perdus en route. Parce que certains ne savent pas/plus comment être avec moi. Ils sont gênés, distants, surpris que je puisse rire et aimer encore la vie, enfermés dans l’idée que chaque message doit me rappeler que David n’est plus là, que çà doit être dur. Je pense sincèrement qu’ils ne savent pas comment gérer leur deuil et par extension comment me gérer moi. Je ne le juge pas, je le respecte, même si au début, cela a été douloureux. Mais malgré la distance, ma porte et mon coeur leur restent ouverts.

 

La maison

Il y aurait beaucoup à en dire. Je réserve cela pour un autre article…

Le plus important, c’est que je m’y sente bien, même si depuis janvier, elle me réserve son lot de surprises…

Le décès de mon grand-père

Nous avons vécu en novembre dernier un drame familial. J’ai perdu mon grand père, avec des conséquences désastreuses sur notre famille. Je ne m’étendrai pas dans cet article car j’en parle déjà ici

Je dirai juste que cette nouvelle épreuve, cette nouvelle leçon, m’a fait réaliser que peu importe ce qu’on peut être, les valeurs qu’on peut avoir et défendre, si quelqu’un a décidé de vous voir comme il vous voit, il y a peu de chances de réussir à changer son regard. Et pour l’avoir tenté, c’est surtout beaucoup d’énergie dépensée pour rien, énegie qui pourrait être mise à profit pour de si jolies choses.

Et moi dans tout çà...???

Je vais bien. C’est assez difficile à expliquer, mais je vais bien. Une journée comme aujourd’hui, bien entendu, c’est difficile. Un 28 avril je perdais ma mère, un 2 mai je l’enterrais… Un 2 mai aussi, je perdais David. Ce n’est pas vraiment la semaine du bonheur. Mais dans l’absolu, je vais bien.

Et parce que je ne pleure pas mes absents à date fixe. Bien sûr qu’une semaine comme celle-ci est difficile, mais elle n’est pas forcément ma semaine de l’année la plus difficile…

J’ai aussi la chance, je pense, en plus d’être bien entourée, d’être une personne combattive. Maman et David utilisaient le même mot me concernant : persévérante. Parce que je ne baisse jamais les bras, que je m’accroche. Parce que je pense que la vie est une épreuve difficile, mais que c’est aussi quelque chose d’incroyable.

Je pense que j’apprends aussi à me connaître, même si je me connaissais déjà pas trop mal et que j’arrive à sortir de la culpabilité du survivant que je vivais depuis le décès de ma mère et qui s’est forcément accentuée avec le décès de David.

Je pense qu’une part de moi accepte ce simple fait : j’ai été aimée. Cela peut sembler bête, évident mais croyez moi, ce n’est pas si évident de dire de but en blanc qu’on est aimé. Au sens profondément aimé, pour qui on est vraiment. Il m’a fallu du temps pour l’accepter et pour en tirer une conclusion toute simple : que me souhaiteraient mes absents?

Certains diront que je devrais me concentrer sur ce que je me souhaite, je le fais, rassurez-vous mais sincère que je suis, ce que je me souhaite vraiment n’est pas possible, alors autant que je me concentre sur ce qui est possible. 

Je pense que David, comme ma mère, d’ailleurs, voudraient que je me sente bien dans ma vie, bien dans mon corps, que je me fasse bien vivre et que je réalise mes rêves. Je pourrais même dire « nos » tant nous en avions en commun. Ils me diraient de voyager (on en revient souvent aux voyages avec moi…). Ils me diraient de profiter de mon choix de ne pas avoir d’enfant pour faire ce dont je rêve depuis longtemps : voyager, aller à la rencontre d’autres cultures. Ils me diraient que je suis (encore) jeune et que j’ai encore beaucoup à vivre, même si c’est sans eux, même si c’est parfois douloureux.

Ils me diraient aussi de faire du bien, à défaut de réussir à faire le bien… 

Et étonnamment, cette idée me tente de plus en plus. J’ai la chance d’avoir une bonne partie de mon travail qui peut se faire via un ordinateur, peu importe l’endroit, c’est assez motivant, je ne vous le cache pas.

Alors, je suis encore un peu frileuse, je ne vous le cache pas non plus, mais l’idée fait de plus en plus son chemin et plus j’y pense et plus je me dis que çà pourrait être super. Avec David, quand nous évoquions les voyages et comment nous nous percevions, nous parlions souvent d’économiser pendant l’année et à un moment de breaker complètement, de partir quelques semaines/mois à tel ou tel endroit et on se surnommait « Citoyens du monde » et j’aime beaucoup cette notion. Pourquoi ne pas mettre en pratique ce que nous disions parfois, partir de temps à autre, et entre deux voyages, faire de l’humanitaire.

Mon coeur en ce moment est en mode « Ailleurs », aventure. Cela faisait longtemps que çà n’avait pas été le cas et je suis contente de retrouver cela.

Peut-être que pour me retrouver complètement, il faudra que je me perde un peu, ailleurs… 

David...

La partie la plus importante de cet article: toi, David. 

Dans cette partie, c’est à toi que j’ai envie de parler.

Aujourd’hui cela fait deux ans. Cela me semble loin et cela me semble encore tellement récent. Cette journée à l’hôpital avec les conséquences que l’on connaît tous les deux.

Cela fait deux ans et pourtant, te concernant, rien n’a changé. Ce que je disais l’année dernière est encore tellement d’actualité, tellement vrai.

Tu restes la première personne à qui je pense le matin au réveil, et la dernière personne à qui je pense le soir au coucher. 

Tu es celui que je cherche du regard, parfois, comme si tu allais d’un seul coup te matérialiser devant moi. D’autres fois, c’est ta voix que je pense entendre. Et c’est souvent dans les moments les plus absurdes, les plus ridicules de mon existence. Je t’entends te moquer de moi, je te vois danser dans notre cuisine et éclater de rire. 

Souvent, je me surprends à parler à haute voix, dire juste une phrase comme si j’attendais une réponse avant de réaliser que cela ne sert à rien.

Ce que l’on dit est vrai, tu es dans chacun de mes instants, dans chacune de mes respirations, dans chacune de mes pensées, chacun de mes projets.

Parce que je sais au plus profond de moi que la personne que je suis aujourd’hui et que j’apprends à aimer un peu plus chaque jour est ainsi aussi grâce à toi. 

Parce que tu lui as montré ton intérêt pour elle, sincère, que tu l’as aimée et que tu as voulu pour elle plus qu’elle ne se souhaitait elle-même. 

Parce que comme dirait Sophie, j’aurais pu faire le pire gribouillage, toi tu aurais dit que c’était une oeuvre d’art.  

Parce que tu as été le beau frère et le tonton que j’ai vu en toi, dès le début.

Parce que tu restes ma moitié, sûrement la meilleure d’ailleurs et que nos projets me tiennent toujours à coeur.

Parce que tu as accepté chacune de mes idées farfelues et tu les as faits nôtres (Je pense à une pluie de confettis…)

Parce que tu as été une personne incroyable, et qu’aucun mot ne te rendrait vraiment justice. 

Parce que, quoi qu’il arrive, tu es dans mon coeur et tu restes l’homme de ma vie.

Parce que ta crainte était qu’on ne t’oublie, un écrit pour te prouver le contraire…

Parce que je pense encore et toujours, que quoi que je dise, rien n’est suffisant pour exprimer, encore et toujours, tout ce que je peux penser de toi et tout ce que je ressens encore et toujours pour toi. Tu me disais toujours “Forever” et c’est tellement vrai, en fait.

Et après?

Difficile de savoir ce que je dirai dans un an, de savoir où j’en serai mais je reste convaincue au fonds de moi que David m’accompagnera encore et toujours.

Certains me disent que ce n’est pas faire mon deuil, mais pour moi, il n’y a toujours pas de deuil à faire. On peut tout à fait être en deuil et garder présente la personne dans notre coeur, dans nos pensées.

On peut tout à fait savoir que la personne ne reviendra pas, je vous rassure le quotidien fait qu’on le sait très bien, et ne pas nous empêcher de penser à elle. Parce que je suis contre cette idée de devoir contrôler les choses. Je préfère les ressentir. 

Je pense que cela ne m’empêche pas d’être lucide sur ma vie, d’être saine d’esprit (la plupart du temps, tout du moins).

Je pense toujours que le deuil est personnel et que le plus important, c’est que chaque personne gère le sien du mieux qu’elle le peut, avec le moins de souffrance possible. 

Pour moi, çà passe par le souvenir. Par le rire souvent, car David était une personne solaire, fraîche, drôle, enfantine et qu’il m’est impossible de penser à lui sans le voir avec un sourire sur le visage. 

Là que je pense à lui, je le revois, en kayak, en sortie avec des amis, bloqué avec son kayak sur le seul rocher présent sur tout le parcours. Oui le seul. Imaginez un homme dans son kayak perché sur la pointe d’un rocher en pleine mer. C’est David! 

Ce souvenir me rappelle une autre sortie en kayak où un bisou nous a fait chavirer et nous nous sommes retrouvés pendant une demie heure en pleine mer, incapables de remonter sur le kayak tellement nous rigolions. 

Ce fou rire appelle un autre souvenir, celui de David et Lili May, de retour d’un parc de jeux à Mersch, tous les deux “explosés de rire”, il n’y a pas d’autres termes et incapables de nous raconter ce qu’il s’était passé. Cela a duré un sacré moment et aujourd’hui encore, je sais “juste” que David a voulu essayer un des “jeux” du parc et qu’il s’est visiblement loupé. Tellement lui! 

Des souvenirs comme çà, j’en ai une multitude. Et ces souvenirs font que quand je pense à David, c’est un sourire qui se dessine sur mon visage. Quand je me lance un nouveau défi, ce sont ses encouragements que j’entends.

David, c’est mon rayon de soleil. Encore et toujours.

Et malgré un manque évident, cela me comble toujours autant.

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